Le Prix Michel Alliot récompense des thèses, mémoires et ouvrages de sciences sociales et humaines relatives au continent africain. Un accent particulier est mis sur les études juridiques africaines (anthropologie juridique et politique, droits africains, histoire du droit et des institutions des pays d'Afrique).

Les thèses et mémoires primés sont publiés gracieusement par les « Éditions Espérance », partenaire de l'Académie. Les ouvrages déjà publiés sont récompensés en numéraire. Le comité de sélection est constitué des membres du conseil scientifique de l'Académie.

Études juridiques africaines Anthropologie du droit Recherche universitaire
Michel Alliot

Michel Alliot

1924 – 2014
  • Professeur agrégé des facultés de droit
  • Fondateur du Laboratoire d'anthropologie juridique de la Sorbonne
  • Fondateur et premier président de l'Université Paris 7
  • Recteur de l'Académie de Versailles (1988-1991)
  • Co-fondateur des universités de Dakar, Rabat et Madagascar
  • Commandeur de la Légion d'Honneur, de l'Ordre National du Mérite et des Palmes Académiques -- Grand Officier de l'Ordre national du Lion du Sénégal -- Titulaire de la Médaille de la Résistance -- Croix de Guerre
Palmarès

des récipiendaires

À ce jour, le prix Michel Alliot a été décerné aux universitaires africains et africanistes dont les noms sont repris dans le palmarès ci-dessous. Le jury a salué leur filiation intellectuelle avec le père fondateur de l'anthropologie juridique française, mais aussi les surcroîts de connaissances apportés par leurs travaux.

2005 Ouvrage

Georges Barnabé Gbago

Le Bénin et les droits de l'Homme, Paris, L'Harmattan, 2001.

La capacité pour le Bénin d'inventer une voie endogène contribuant aux valeurs d'universalité a vu le jour lors de la conférence nationale du 19-28 février 1990. Or, les élites intellectuelles n'ont pas pris assez de distance avec la conception trop occidentale des droits de l'homme, même si elles ont manifesté le désir de fonder leur démocratie sur des sources africaines. La société béninoise retrouvera les bases de sa pacification en étudiant ses propres modèles de conduite et de comportement, en retrouvant sa propre notion de dignité fondée sur la solidarité communautaire.

Président du jury : Étienne Le Roy
2006 Thèse

Camille Iwewe Kpongo

Le patrimoine foncier de l'Église catholique en Afrique : le diocèse de Budjala en RDC et les conflits de terres, Thèse de doctorat en sociologie du développement, Université Paris I Panthéon-Sorbonne, 2004.

L'ouvrage du père Iwewe a un double intérêt : traiter de la situation juridique historique du patrimoine foncier de l'Église catholique en RDC, et porter témoignage de ses tribulations dans les arcanes des conflits fonciers congolais relatifs au patrimoine de cette Église. Il remplit parfaitement ces deux fonctions tout en nous montrant dans quelle situation anarchique se trouvent à la fois le droit foncier congolais et les droits fonciers locaux, continuellement transgressés du fait de l'absence actuelle de l'État dans beaucoup de domaines. En outre, sa critique à l'égard de la politique foncière (et économique) de l'Église est très sévère, mais bien argumentée, et fait appel aux fondements mêmes du christianisme que l'auteur voudrait voir respectés. Charles de Lespinay, « Camille Iwewe Kpongo. Usages et enjeux du patrimoine foncier de l'Église Catholique du Congo », Droit et cultures, n° 53, 2007.

Président du jury : Étienne Le Roy
2007 Thèse

Olivier Barrière

Gestion des ressources naturelles renouvelables et conservation des écosystèmes au Sahel : le Foncier-Environnement, Thèse de doctorat en Droit, Université Paris I Panthéon-Sorbonne, 1996.

La recherche a été menée dans le delta intérieur du Niger, au Mali. L'objectif de l'étude s'inscrit dans la recherche d'une coviabilité entre les hommes et les écosystèmes, au sein d'un contexte sahélien dont les données environnementales, socio-économiques et politiques se sont profondément transformées depuis au moins vingt ans. Une analyse des différents systèmes d'exploitation et de leurs interactions permet de démontrer l'imbrication fondamentale du fonds (défini comme substrat, support des éléments biotiques et des processus écologiques) et de l'environnement (constitué notamment des ressources renouvelables, en tant qu'enjeu de relations de pouvoirs). Cette démarche en anthropologie juridique de l'environnement se fonde sur une approche méthodologique prenant en compte trois échelles d'observation : le terroir villageois, la province et la région. Constituant le binôme espace-ressource comme unité d'observation et comme concept opératoire à toutes les échelles, elle explore la relation homme-milieu en décortiquant l'armature foncière de chacun des systèmes d'exploitation pris isolément et en interaction avec les autres. Le but visé est de penser les principes d'un droit considérant l'ensemble des interactions qui pèsent sur le comportement des individus, sur leur décision et leur action en matière de gestion des ressources naturelles, et qui intègre la nécessité de la coviabilité à long terme de la biodiversité et de la diversité culturelle. Ce droit devrait constituer un levier de changement et permettre de passer de la situation conflictuelle et désorganisée que l'analyse des structures sociales montre, à une situation juridique où la marge de liberté des acteurs sociaux et leurs parts de responsabilité respectives sont clarifiées, en fonction des droits qu'ils ont sur les espaces-ressources et dans lesquels ils doivent être, par ailleurs, sécurisés. Avant de penser une réglementation forestière, halieutique et cynégétique pour fonder un droit de l'environnement, il faut avant tout clarifier les rapports juridiques de l'homme à l'usage qu'il fait de la biosphère à travers la terre, la pâture, l'arbre et les espèces animales qu'il pêche ou chasse. Ces éléments biotiques constitutifs des écosystèmes sont essentiels pour la survie de l'homme sahélien. C'est donc d'abord à travers leur gestion qu'il faut commencer à construire un droit de l'environnement. Le delta intérieur du Niger présente une situation complexe offrant une diversité de cas et permettant d'appréhender des réalités suffisamment variables pour parvenir à dégager un concept opportun nouveau, celui de foncier-environnement, après avoir pris soin de redéfinir les rapports fonciers. L'approche est à la fois spécifiée, c'est-à-dire ancrée dans un contexte, et généraliste, dans la mesure où elle présente des outils conceptuels pouvant fonctionner dans d'autres contextes. Cette voie originale en anthropologie juridique de l'environnement aboutit à une construction endogène axée sur la gestion patrimoniale des ressources naturelles renouvelables. Elle propose de se substituer au modèle propriétariste qui confine actuellement le Mali dans une impasse, générée par la coexistence d'un droit étatique inapplicable (par trop étranger aux logiques locales) et d'un droit traditionnel inadapté (mais légitime), et de dégager une dynamique juridico-institutionnelle répondant aux aspirations d'une politique de décentralisation.

Président du jury : Étienne Le Roy
Gouvernance

Le Conseil scientifique

Le Prix Michel Alliot s'appuie sur un comité scientifique international réunissant des universitaires et chercheurs de renom.

Président du Conseil scientifique

Pr Camille Kuyu

Président de l'Académie

Pr Joseph John-Nambo

Université de Libreville

Pr Ismaïla Madior Fall

Université Cheikh Anta Diop, Dakar

Pr Béni Sitack Yombatina

École Nationale d'Administration du Tchad

Pr Georges-Barnabé Gbago

Université de Cotonou

Pr Jean-Paul Segihobe

Université de Kinshasa

Pr Julien Kilanga

Université d'Angers

Candidatures

Conditions d'éligibilité

Le Prix est ouvert aux jeunes chercheurs dont les travaux portent sur les droits africains et l'anthropologie juridique.

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Nature des travaux

Thèses de doctorat, mémoires de master et ouvrages relevant des sciences sociales et humaines appliquées au continent africain.

📅

Ancienneté

Travaux soutenus ou publiés depuis moins de cinq ans à la date de l'appel à candidatures.

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Thématiques

Anthropologie juridique et politique, droits africains, histoire du droit et des institutions des pays d'Afrique.

Soumettre une candidature

Vous êtes chercheur et vos travaux portent sur les droits africains ou l'anthropologie juridique ? Découvrez les modalités de candidature au Prix Michel Alliot.

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